Allergènes, dates de durabilité, origine des viandes… Le cadre de l’information du consommateur, fixé par le règlement INCO (UE n°1169/2011), continue d’évoluer. Voici, sources officielles à l’appui, ce qui change réellement en 2026 pour les professionnels des métiers de bouche — et ce qui reste, pour l’instant, à l’état de projet.
C’est la seule échéance ferme et datée à retenir pour 2026. Quatre des sept « directives petit-déjeuner » ont été révisées en 2024 afin de renforcer les règles d’étiquetage de l’origine de plusieurs produits : le miel, les jus de fruits, les confitures et le lait déshydraté.
Concrètement, pour le miel par exemple, les pays d’origine devront désormais être listés à côté de la dénomination du produit, classés par ordre décroissant de poids, avec la part que représente chacun. Une règle simplifiée s’applique toutefois aux mélanges de moins de 30 grammes. Les États membres doivent appliquer ces nouvelles règles à partir du 14 juin 2026.
Pour les artisans et commerces qui utilisent ces ingrédients en tant que produits finis ou matières premières entrant dans une recette (miel en pâtisserie, confitures en vitrine, jus proposés à la carte), c’est le moment de vérifier les étiquettes fournisseurs et, le cas échéant, d’adapter son propre étiquetage.
Contrairement à ce que l’on peut lire ici ou là, il n’y a pas de nouvelle réglementation sur les allergènes prévue pour 2026 : l’obligation d’informer sur les 14 allergènes à déclaration obligatoire (préemballés et non préemballés, donc y compris en restauration) découle du règlement INCO depuis 2014, précisé en France par le décret n°2015-447. C’est un point de contrôle constant lors des audits, et une source fréquente de non-conformités : tableau d’affichage absent ou non tenu à jour, gestion des contaminations croisées mal formalisée, personnel non formé à l’identification des allergènes dans les recettes.
Notre recommandation : ne pas attendre une échéance réglementaire pour remettre à plat cette partie du PMS — c’est déjà une obligation applicable, et l’un des points les plus contrôlés par les services officiels.
La Commission européenne a bien annoncé, dans le cadre de la stratégie « De la ferme à la table », son intention de réviser les règles relatives aux dates limites de consommation — une étude de 2018 estimait qu’elles étaient à l’origine de jusqu’à 10 % du gaspillage alimentaire dans l’Union. Mais à ce jour, aucune proposition législative n’a été publiée sur ce point. Il ne s’agit donc pas, à proprement parler, d’un changement 2026, mais d’un chantier à surveiller.
En revanche, une mesure connexe est bien entrée en application : depuis le 16 octobre 2025, la directive (UE) 2025/1892 impose aux États membres des objectifs chiffrés de réduction du gaspillage alimentaire (-10 % en transformation/fabrication, -30 % par habitant en distribution et consommation, restauration comprise, d’ici fin 2030). Un sujet qui rejoint directement les problématiques de gestion des stocks et de rotation des produits dans les cuisines professionnelles.
L’obligation d’indiquer l’origine de certaines viandes fraîches non transformées (bovine, porcine, ovine, caprine, volaille) existe déjà. Une extension de cette obligation à un plus grand nombre de denrées, notamment d’origine animale, est actuellement discutée au niveau du Conseil de l’UE, dans une perspective qui vise plutôt l’horizon 2027. Rien n’est donc à appliquer dès 2026 sur ce point, mais le sens de la réglementation est clair : vers davantage de traçabilité et de transparence sur l’origine.
Le 16 décembre 2025, la Commission a présenté un paquet de mesures dites « omnibus » visant à simplifier la réglementation sur la sécurité des denrées alimentaires et des aliments pour animaux. Ce texte est actuellement examiné par le Parlement européen et le Conseil : il n’est pas encore adopté, mais pourrait, à terme, modifier certaines obligations documentaires pesant sur les professionnels.
Ces échéances réglementaires bougent régulièrement, et leur application concrète dépend souvent de votre activité (préemballé ou non, métier de bouche, restauration collective…). Les experts du réseau SCL Qualité vous accompagnent pour faire le point sur votre étiquetage et l’affichage de vos allergènes, et pour mettre à jour votre Plan de Maîtrise Sanitaire en conséquence.
Sources : Parlement européen (fiche thématique « Sécurité des aliments »), règlement (UE) n°1169/2011, directives « petit-déjeuner » (UE) 2024/1438, directive (UE) 2025/1892 relative aux déchets, Conseil de l’Union européenne (document ST-5458-2026).